Comment je suis devenu Unitarien universaliste

Il était peut-être une semaine avant Noël cette année, je me suis retrouvé dans une église Catholique. Toute personne qui me connaît sait que ce fut un endroit peu typique pour me trouver. Étant athée assez convaincu, je suis la dernière personne qu’on pourrait imaginer dans un tel endroit. En fait, je me demandais pourquoi j’y étais moi-même.

Il y a six ans, ma mère est décédée sur la veille de Noël. Depuis, la saison des fêtes était toujours très difficile pour moi. Je me retrouvais toutefois dans une église cette journée-là. Cette recherche pour un certain réconfort spirituel me semblait toujours très symbolique mais ce n’était rien d’extraordinaire. Récemment, par exemple, j’ai senti la nécessité de ce genre de truc plus que jamais.

Compte tenu des événements récents, autant dans le domaine public que dans ma vie personnelle, je cherchais une communauté; une communauté basée sue des idées de respect mutuel, l’acceptation, le développement personnel et des valeurs partagées. En faisant mes recherches, j’ai trouvé les sept valeurs exprimées par le Mouvement unitarien universaliste du Québec:

  • La valeur et la dignité intrinsèques de toute personne.
  • La justice, l’équité et la compassion comme fondements des relations humaines.
  • L’acceptation mutuelle et l’encouragement à la croissance spirituelle au sein de nos assemblées.
  • La liberté et la responsabilité de chaque personne dans sa recherche de la vérité, du sens de la vie et de la signification des choses.
  • La liberté de conscience et le recours au processus démocratique aussi bien dans l’ensemble de la société qu’au sein de nos assemblées.
  • L’aspiration à une humanité où règneront la paix, la liberté et la justice pour tous.
  • Le respect du caractère interdépendant de toutes les formes d’existence qui constituent une trame dont nous faisons partie.

Source: Mouvement unitarien universaliste du Québec

Enfin, je l’ai trouvé! Et bien, en fait je connaissais vaguement les unitariens universalistes déjà, mais j’ai toujours posé un regard critique à son égard. Bien sûr, je les ai vu avant. Je les ai vu assister à des manifestations pour Black Lives Matter, ainsi qu’à tout défilé de la fierté depuis que j’ai fait mon coming-out. Je les ai rencontrés lorsque j’organisais pour une représentation proportionnelle au parlement canadien, et ils était à mes côtés lorsqu’on manifestait pour la paix et la réconciliation pour les communautés autochtones après la sortie du rapport du Comité de vérité et réconciliation. Effectivement, j’ai remarqué qu’ils étaient une des seules présences constantes dans les aspects activistes de ma vie.

Après d’avoir fait quelques recherches supplémentaires, j’ai décidé de visiter leur église dans l’arrondissement montréalais de Notre-Dame-de Grâce pour assister à une célébration. Je suis entré dans leur sanctuaire et j’étais accueilli par le drapeau arc-en-ciel dans la fenêtre d’avant, dans un endroit destiné à la réflexion silencieuse et au développement communautaire. Alors que je connaissais la réputation des UU comme une communauté ouverte à toute personne, indépendamment à leur orientation sexuelle ou à leur genre, de voir ce drapeau, qui a une histoire qui est basée dans la résistance à l’adversité et qui représente la lutte pour la libération des personnes LGBTQ+, affiché aussi fièrement et respectueusement m’a fait sentir comme si j’étais le bienvenu dans la communauté.

La première célébration à laquelle j’ai assisté célébrait le solstice d’hiver. Je suis entré dans le sanctuaire avec un peu d’inquiétude, j’étais accueilli chaleureusement par des membres de la congrégation, ainsi que par la Révérende Diane Rollert. La célébration serait difficile à oublier. Elle était radicalement acceptante, amicale, chaleureuse et intime. Elle exprimait avec une profonde introspection, un souci de la communauté et du respect pour la multiplicité des expériences des personnes présentes. Je me suis trouvé vouloir rester dans cet espace; pour la durée de ce service et le temps que nous avons passé à discuter après la célébration, je me suis senti déjà bien accueilli dans la communauté.

Depuis, je n’ai pas manqué une célébration. Chacune était unique dans son propre sens, mais le sentiment de communauté, acceptation et introspection englobait-les toutes. Elles ont vite devenues ma partie préférée de la semaine; elles me donnent une base sur laquelle je peux bien commencer ma semaine. Elles me font sentir comme si je fais partie d’une véritable communauté; une communauté ayant une base théologique avec des principes humanistes, tout en respectant la diversité des croyances des membres de la congrégation.

À ce point tumultueux de ma vie, je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de mieux que j’aurais pu faire que de traverser ces portes. J’ai découvert une communauté qui me respecte pour la personne qui je suis, sans jugement ni malice, et dont l’histoire est imprégnée de nos valeurs communes de justice sociale, d’acceptation, de diversité et de liberté. Je suis heureux d’avoir trouvé une communauté où je, en tant que noir, queer, et non-binaire sceptique et athée, peut embarquer dans un voyage de la croissance radicale, la découverte et l’amour-propre avec l’aide de ma nouvelle communauté.


Vincent est une personne Noire, queer et non-binaire qui utilise le pronom il en français et le pronom they en anglais. Si vous aimeriez en savoir plus sur lui, plus d’informations se trouvent ici, ainsi que sur sa page Facebook.

Si vous aimeriez en savoir plus sur l’Église unitarienne de Montréal, visitez leur site web. Vous pouvez en découvrir plus sur l’Universalisme unitarien en visitant le site web du Mouvement unitarien universaliste du Québec.

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